Reconnaître l’espèce
Le rat brun est trapu. Corps de 20 à 27 cm, queue plus courte que le corps, museau épais et arrondi, petites oreilles qui ne recouvriraient pas l’œil si on les rabattait. Le pelage va du brun-gris au brun roux, le ventre est plus clair. Un jeune rat se confond facilement avec une souris adulte : la différence se fait sur la tête, massive chez le rat, et sur les pattes, nettement plus épaisses.
C’est un animal fouisseur et terrestre. Il creuse des terriers à faible profondeur sous les dalles, les composteurs et les massifs, et occupe les réseaux enterrés. Il nage et plonge sans difficulté.
Les indices de présence
On voit rarement l’animal avant que la population soit installée. On voit ses traces.
- Crottes de 15 à 20 mm, en fuseau, groupées sur les lieux de passage.
- Coulées : des chemins sombres et lustrés le long des murs, où le passage répété a déposé du gras et de la poussière.
- Trous de rongement aux angles de porte, autour des gaines, dans les sacs de stockage. Les marques d’incisives font 3 à 4 mm de large.
- Terriers de 6 à 10 cm de diamètre, à l’aplomb d’un mur ou sous une dalle.
- Bruits nocturnes de grattage et de course dans les cloisons ou les planchers.
Ce que ça implique
Le rat brun ronge pour user ses incisives, qui poussent en continu. Les dégâts matériels — gaines électriques, isolants, canalisations plastique, denrées souillées — sont souvent plus coûteux que l’infestation elle-même. Dans l’alimentaire, la souillure des stocks par les urines et les déjections conduit à la destruction de lots entiers.
Sur le plan sanitaire, l’espèce est associée à plusieurs agents transmissibles, dont la leptospirose, qui se contracte par contact avec de l’eau ou des surfaces souillées d’urine. Les travaux en milieu infesté justifient gants, protection des plaies et lavage systématique.
Comment on traite
Un chantier sérieux se déroule dans cet ordre.
- Diagnostic : identification de l’espèce, cartographie des coulées, des terriers et des points d’entrée, estimation de la pression.
- Mise en sécurité : retrait de la ressource alimentaire accessible, fermeture des locaux poubelles, correction des stockages au sol.
- Traitement : postes d’appâtage sécurisés verrouillés et fixés, ou pièges mécaniques quand la présence d’enfants, d’animaux domestiques ou de denrées l’impose. Les postes sont numérotés et relevés.
- Exclusion : colmatage des passages avec des matériaux que le rat ne ronge pas — grillage inox, mortier, plaques métalliques. Un rat jeune franchit une ouverture de 20 mm.
- Contrôle : une visite de vérification, parce qu’une population résiduelle se reconstitue vite.
L’étape 4 est celle qu’on supprime pour faire baisser un devis, et c’est celle qui détermine si le problème revient dans six mois.
