Un parc est un écosystème ouvert : on n'y « éradique » pas les nuisibles, on y gère des populations. Le rat niche dans les talus et vit des poubelles et du nourrissage sauvage ; la guêpe s'installe en juin ; la chenille processionnaire descend du pin en mars. Chaque problème a sa fenêtre de tir, et la rater coûte une saison.
Le droit a changé la donne : depuis la loi Labbé, les produits phytosanitaires sont interdits dans les espaces verts ouverts au public, et les biocides y sont strictement encadrés. Le prestataire qui promet de « pulvériser le parc » promet une infraction. Les méthodes qui tiennent sont mécaniques et ciblées : traitement de terrier, destruction de nid au point exact, piégeage, échenillage, gestion des déchets.
La chenille processionnaire n'est plus une option : classée espèce dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine, elle expose le gestionnaire d'un site ouvert au public qui laisse un pin infesté au-dessus d'une aire de jeux. Poils urticants, enfants, chiens : c'est le dossier qu'on ne veut pas voir arriver.