Le danger n’est pas la chenille, ce sont ses poils
La chenille processionnaire ne mord pas et ne pique pas. Elle porte, sur la face dorsale, des centaines de milliers de poils urticants microscopiques, munis de harpons, qu’elle libère au moindre dérangement. Ces poils volent, se déposent, et restent actifs très longtemps — y compris dans un nid vide ou tombé au sol.
Chez l’humain, le contact provoque des démangeaisons intenses, des plaques, parfois des œdèmes. L’atteinte oculaire est plus sérieuse, et l’inhalation peut déclencher une gêne respiratoire chez les personnes sensibles.
Chez le chien, qui explore avec le museau et la langue, l’atteinte peut évoluer vers une nécrose de la langue. C’est une urgence vétérinaire, pas une consultation à prévoir dans la semaine.
Les deux moments du cycle
L’hiver. Les nids soyeux, blancs, sont visibles au bout des branches de pins. C’est la fenêtre d’intervention : le nid est localisé, la colonie est dedans, et le retrait est net.
Le printemps. Les chenilles descendent en file indienne — la fameuse procession — pour s’enfouir et se nymphoser. À ce stade elles sont au sol, dans les allées, à hauteur d’enfant et de chien. C’est le pire moment pour découvrir le problème.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Arroser au jet d’eau. Disperse les poils dans l’air.
Brûler le nid. Même effet, en pire, et risque d’incendie.
Ramasser un nid tombé. Il reste urticant longtemps après le départ des chenilles.
Tailler la branche sans protection. Le dérangement libère les poils au visage.
Comment on intervient
Selon la hauteur et le contexte : retrait mécanique du nid en protection intégrale, échenillage, pose d’éco-pièges autour du tronc pour intercepter la procession, ou traitement biologique au moment adapté du cycle. Le choix dépend de l’arbre, de la saison et de la fréquentation du lieu — c’est exactement le raisonnement de la lutte intégrée.
