Le principe
Le droit français impose au bailleur de délivrer un logement décent, et la définition du logement décent inclut l’absence d’infestation d’espèces nuisibles et parasites — un ajout apporté par la loi ELAN en 2018.
Cela place le point de départ du côté du bailleur : un logement qui ne remplit pas cette condition n’est pas conforme à ce qu’il doit fournir.
Comment se répartit la charge en pratique
Côté bailleur, typiquement :
- une infestation antérieure à l’entrée dans les lieux, ou découverte peu après ;
- une infestation liée au bâti : fissures, défaut d’étanchéité, gaines ouvertes, canalisations défectueuses ;
- une infestation provenant des parties communes ou d’un lot voisin, auquel cas il doit saisir le syndic ;
- plus largement, tout ce qui relève de l’obligation de délivrance et d’entretien.
Côté locataire, typiquement :
- un défaut d’entretien caractérisé : accumulation de déchets, encombrement rendant le logement impropre, négligence manifeste ;
- une introduction imputable à l’occupant, par exemple du mobilier d’occasion infesté — encore faut-il pouvoir l’établir ;
- l’entretien courant du logement de façon générale.
La difficulté n’est presque jamais juridique. Elle est probatoire : il faut pouvoir démontrer quand l’infestation est apparue.
Ce qu’il faut faire dès le premier doute
- Photographier les indices, avec un repère de date lisible.
- Signaler par écrit au bailleur ou à l’agence — mail daté ou lettre recommandée avec accusé de réception. L’oral ne compte pas.
- Conserver tous les échanges, devis et factures.
- Demander une intervention et un délai, par écrit.
- Si le logement est en copropriété et que d’autres lots sont touchés, demander au bailleur de saisir le syndic, et le mentionner dans votre courrier.
Ces cinq gestes prennent une demi-heure et déterminent l’issue de la discussion si elle s’envenime.
Si le bailleur ne fait rien
Mise en demeure écrite rappelant l’obligation de logement décent et les constats datés. En l’absence de réponse, saisine de la commission départementale de conciliation, qui est gratuite. L’ADIL de votre département et les associations de locataires informent sans frais et aident à rédiger.
Évitez la retenue unilatérale de loyer : elle vous expose, même quand vous avez raison sur le fond.
