Comment elle agit
La terre de diatomée est constituée de squelettes siliceux d’algues microscopiques fossilisées. À l’échelle d’un insecte, cette poudre est un abrasif.
Lorsqu’un insecte la traverse, les particules rayent et adsorbent la couche cireuse de sa cuticule — celle qui limite les pertes en eau. L’insecte ne meurt pas empoisonné : il se déshydrate, en quelques jours.
Deux conséquences découlent de ce mécanisme.
La première est qu’il n’existe aucune résistance possible. Un insecte ne peut pas développer de résistance métabolique à l’abrasion. C’est l’avantage réel de la méthode, dans un contexte où les pyréthrinoïdes perdent du terrain.
La seconde est que l’effet dépend entièrement du contact physique. La poudre ne diffuse pas, n’attire pas, ne vole pas vers sa cible. Ce qui ne la traverse pas n’est pas traité.
Les trois limites
L’humidité. La poudre humide perd son pouvoir d’absorption. Dans une salle de bains, une cave humide ou une cuisine après nettoyage, elle ne sert à rien. C’est la limite la plus souvent passée sous silence.
La lenteur. Comptez plusieurs jours entre l’exposition et la mort. Sur une infestation en croissance, la reproduction va plus vite que l’effet.
Le dosage. L’erreur la plus fréquente est d’en mettre trop. Un tas de poudre visible est contourné par les insectes, qui l’évitent comme un obstacle. Il faut un voile à peine perceptible, appliqué au pinceau ou au pulvérisateur à poudre, sur un trajet obligé.
Où elle a un sens
- Dans les vides techniques secs : derrière les plinthes, dans les gaines, sous les meubles bas, dans les perçages de montage.
- En barrière à l’entrée d’un refuge identifié.
- En rémanence longue là où aucun nettoyage n’interviendra.
Elle n’a pas de sens au milieu d’une pièce, sur un plan de travail, dans un local humide, ou comme traitement principal d’une infestation installée.
