# Marché : sans gestion des déchets, l'appâtage ne sert à rien.

> La population se reconstitue chaque semaine sur ce qu'on laisse à 14 h.

- Secteur : Marchés & primeurs — Paris et Île-de-France
- Source canonique : https://rodilard-deratisation.com/professionnels/marches-primeurs/

## Contexte

Sur un marché, le cycle est hebdomadaire et il est alimentaire. Ce qui reste au sol en fin de marché — cagettes, fruits abîmés, eaux de lavage, cartons — constitue une ressource suffisante pour reconstituer une population de rongeurs plus vite qu'un dispositif ne la réduit. L'appâtage n'est jamais le levier principal ici.

Le levier est logistique : conteneurs fermés en nombre suffisant, enlèvement rapide après la fin du marché, nettoyage de la voirie, et suppression du stockage de cagettes vides sur place. Ces mesures ne relèvent pas du prestataire antiparasitaire, mais c'est lui qui doit les constater et les chiffrer pour que le gestionnaire agisse.

Chez un primeur en boutique, le problème est le même à plus petite échelle : la réserve de fruits, les cagettes empilées et le local à déchets. À quoi s'ajoute la mouche des fruits, qui n'est pas un problème de traitement mais de rotation des stocks.

## Cadre réglementaire applicable

### Procédure de lutte obligatoire

Les commerces de détail alimentaire, y compris sur les marchés, doivent disposer de procédures de lutte contre les nuisibles documentées.

Source : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre IX

### Déchets et salubrité de la voie publique

Le dépôt de déchets et le défaut de nettoiement sur la voie publique relèvent du règlement sanitaire départemental et peuvent être sanctionnés. La propreté de l'emplacement incombe au commerçant.

Source : Code de la santé publique, art. L1311-2 · RSD de Paris

### Règlement des marchés

Les règlements municipaux des marchés imposent le nettoyage de l'emplacement et l'évacuation des déchets en fin de vente. L'absence de respect peut aller jusqu'au retrait de l'autorisation.

Source : Règlement des marchés découverts de la Ville de Paris

## Nuisibles par ordre de priorité

### Rat brun

La cible principale. Vient des réseaux et s'alimente sur les résidus de fin de marché. Population très réactive : elle double en quelques semaines si la ressource reste disponible. Fiche : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/rat-brun/

### Souris grise

Dans les réserves de primeurs et les locaux de stockage de cagettes. Contamine les fruits par ses déjections, ce qui impose un retrait. Fiche : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/souris-grise/

### Mouche domestique

Indicateur direct de la gestion des déchets. Sa densité suit exactement le délai d'enlèvement des conteneurs, pas la quantité d'insecticide employée. Fiche : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/mouche-domestique/

### Guêpe commune

Attirée par les fruits mûrs en fin d'été, avec un risque de piqûre au contact du client et du commerçant. On supprime la ressource et on écarte, on ne traite pas la rue. Fiche : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/guepe-commune/

## Déroulé de la prestation

### 1. Constat du cycle hebdomadaire

Passage en fin de marché, pas le lendemain matin : c'est le seul moment où l'on voit la ressource réellement laissée sur place et les points de reprise.

### 2. Dispositif périmétrique et regards

Postes sécurisés en limite d'emplacement, aux regards d'assainissement et au local à déchets. Jamais d'appât accessible au public ni aux animaux domestiques.

### 3. Rapport déchets chiffré

Nombre de conteneurs manquants, délai d'enlèvement constaté, points de stockage de cagettes. C'est la pièce qui permet au gestionnaire d'agir — et sans elle rien ne change.

### 4. Suivi de population

Relevés datés par poste, pour montrer si la pression baisse réellement ou si l'on compense une ressource qu'on n'a pas supprimée.

## Rythme conseillé

**12 à 24 passages par an** — Le cycle de ressource étant hebdomadaire, un rythme mensuel est un plancher et un rythme bimensuel est courant sur les marchés alimentaires denses. La fréquence doit suivre le cycle, pas le calendrier commercial.

## Documents remis (exigibles en contrôle)

- Plan de postes, emplacements et regards
- Relevés datés par passage, avec consommations
- Rapport déchets chiffré pour le gestionnaire du marché
- Fiches de données de sécurité
- Attestation de plan de lutte pour les commerçants

## Les erreurs les plus coûteuses

- Appâter davantage au lieu de supprimer la ressource : on nourrit et on traite en même temps.
- Laisser les cagettes vides empilées sur place entre deux marchés.
- Conteneurs ouverts ou en nombre insuffisant en fin de marché.
- Nettoyer au jet sans ramasser : les résidus partent dans les regards, où ils alimentent la population.
- Poser des appâts accessibles sur la voie publique : risque pour les enfants et les chiens, et responsabilité directe.

## Questions fréquentes

### Pourquoi les rats reviennent-ils chaque semaine malgré le traitement ?

Parce que la ressource revient chaque semaine. Un marché alimentaire laisse en fin de vente de quoi nourrir une population entière : tant que les conteneurs ne sont pas fermés et enlevés rapidement, le dispositif ne fait que prélever une partie d'une population qui se reconstitue. C'est la raison pour laquelle nous produisons un rapport déchets chiffré en plus des relevés : sans action sur ce point, aucune fréquence d'appâtage ne suffira.

### Qui est responsable, le commerçant ou la Ville ?

Les deux, sur des périmètres différents. Le commerçant doit nettoyer son emplacement et évacuer ses déchets en fin de vente, conformément au règlement des marchés ; le gestionnaire doit fournir les moyens — conteneurs en nombre, enlèvement, nettoiement de la voirie. Nos constats distinguent les deux, précisément pour que la discussion porte sur des faits datés.

### Des mouches sur l'étal de primeur, quel traitement ?

Aucun, dans un premier temps. La densité de mouches suit le délai d'enlèvement des déchets et la rotation des fruits abîmés, pas la quantité d'insecticide. On agit sur la source — conteneur fermé, tri quotidien des fruits, nettoyage des bacs — et on ajoute éventuellement un piège lumineux hors zone de denrées. Un insecticide sur un étal est de toute façon exclu.

### Peut-on poser des appâts sur la voie publique ?

Pas en accès libre, jamais. Les appâts rodenticides ne peuvent être posés qu'en postes sécurisés, verrouillés et identifiés, hors de portée des enfants et des animaux domestiques — en pratique dans les regards, en local à déchets fermé, ou en limite d'emplacement protégée. Un prestataire qui pose des sachets d'appât à l'air libre engage sa responsabilité et la vôtre.
