# Les méthodes anciennes de lutte contre les nuisibles

> Avant les produits de synthèse, on luttait contre les nuisibles avec des animaux ratiers, des plantes insecticides, des minéraux abrasifs et des poisons métalliques. Une partie de ces méthodes est devenue illégale pour sa toxicité ; une autre a servi de base aux produits actuels ; une troisième n'a jamais fonctionné et circule toujours.

- Type : Méthode
- Public : tous
- Mise à jour : 2026-10-03
- Source canonique : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/traitements/methodes-anciennes/
- Licence : CC-BY-4.0 — https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr

## Repères chiffrés

- **1972** — Interdiction du DDT en France, après deux décennies d'usage massif
- **XIXᵉ siècle** — Apogée du métier de chasseur de rats en ville
- **3 catégories** — Méthodes devenues illégales, méthodes devenues modernes, méthodes sans effet

## Chez un particulier

L'intérêt pratique de cette histoire est de savoir trier : la terre de diatomée et le pyrèthre ont une base réelle, le marc de café et les ultrasons n'en ont aucune. Le reste est au musée.

## En établissement

La lecture utile pour un gestionnaire est celle de l'exclusion : avant la chimie, l'essentiel du travail portait sur le bâti et le stockage. C'est exactement ce que recommande aujourd'hui la lutte intégrée.

## Contenu

## Pourquoi cette fiche existe

Parce que ces méthodes continuent de circuler. Une partie de ce qu'on lit encore
aujourd'hui sous le nom de « remède naturel » ou « astuce de grand-mère » est en
réalité un fragment de pharmacopée du XIXᵉ siècle, parfois inoffensif, parfois
franchement dangereux, et presque toujours présenté sans le contexte qui permettrait
de juger.

Le tri se fait en trois catégories.

## Ce qui est devenu illégal

Les poisons minéraux et végétaux employés jusqu'au milieu du XXᵉ siècle sont
aujourd'hui interdits, et pour de bonnes raisons.

**L'arsenic**, sous forme d'anhydride arsénieux, a longtemps constitué la
« mort-aux-rats » classique. Il ne distingue pas le rongeur de l'enfant, et les
affaires d'empoisonnement, criminelles comme accidentelles, jalonnent le XIXᵉ siècle.

**Le phosphore blanc**, en pâte, a été utilisé jusqu'à son interdiction. Il
s'enflamme spontanément à l'air et provoque chez l'homme des nécrosés osseuses.

**La strychnine**, extraite de la noix vomique, tuait par convulsions. Sa toxicité
pour toute la faune a mis fin à son usage.

**La scille rouge**, bulbe méditerranéen, a servi de raticide botanique pendant des
siècles. Elle avait l'avantage relatif d'être vomitive chez l'homme et pas chez le
rat, qui ne vomit pas — ce qui ne la rendait pas sûre pour autant.

**Le DDT**, enfin, n'est pas ancien au même titre : il est le premier insecticide de
synthèse de masse, employé à partir des années 1940. Il a fait presque disparaître
la punaise de lit d'Europe occidentale, avant que la résistance ne s'installe. Il a
été interdit en France en 1972 pour sa persistance et son accumulation dans les
chaînes alimentaires.

Aucune de ces substances n'est aujourd'hui autorisée en lutte contre les nuisibles.
Elles ne sont citées ici que parce que leur nom survit dans les textes anciens.

## Ce qui est devenu moderne

Certaines méthodes anciennes n'ont pas disparu : elles ont été comprises, isolées et
industrialisées.

**Le pyrèthre de Dalmatie**, fleur séchée et réduite en poudre, était l'insecticide
domestique de référence au XIXᵉ siècle. Ses principes actifs, les pyréthrines, ont
été identifiés puis copiés chimiquement : les **pyréthrinoïdes**, qui constituent
aujourd'hui l'essentiel des insecticides grand public, en sont les descendants
directs. Avec, au passage, le problème qui va avec un siècle d'usage massif — la
résistance.

**La terre de diatomée**, poudre de squelettes siliceux d'algues fossiles, agit
mécaniquement : elle abrase la cuticule des insectes, qui meurent de déshydratation.
Elle n'a pas été remplacée parce qu'il n'y a rien à améliorer dans le principe. Elle
reste employée aujourd'hui, avec les mêmes limites qu'autrefois : lente, inefficace
dès que l'humidité est élevée, inutilisable en grande quantité dans un local occupé.

**La chaleur** est la plus ancienne de toutes. Ébouillanter les sommiers et passer
les matelas au soleil étaient les gestes de référence contre les punaises de lit
avant la chimie. Le traitement thermique contemporain repose exactement sur le même
principe physique, avec le contrôle de température en plus.

**L'exclusion** enfin. Avant les produits, l'essentiel du travail portait sur le
bâti : sceller, grillager, surélever les stocks, séparer les déchets. C'est ce que
la lutte intégrée redécouvre et formalise aujourd'hui sous le nom de mesures
préventives.

## Ce qui n'a jamais fonctionné

Et qui circule toujours.

**Les plantes répulsives** — menthe poivrée, laurier, lavande, clous de girofle —
peuvent gêner ponctuellement un insecte qui passe. Aucune ne fait quitter les lieux
à une population installée, et aucune n'a d'effet sur les œufs. Les sachets de
lavande dans une armoire n'ont jamais arrêté une infestation de mites textiles.

**Le marc de café, la craie, le talc, le bicarbonate** contre les blattes ou les
punaises : rien de démontré.

**Les ultrasons**, plus récents mais relevant de la même famille de croyances :
l'accoutumance est constatée en quelques jours, et aucun effet durable n'est
établi sur des populations réelles.

**Le déplacement** : changer de chambre quand on a des punaises de lit, jeter un
matelas dans la rue, stocker les affaires chez un proche. Ces gestes ne suppriment
rien et propagent le problème — ce sont probablement les « méthodes anciennes » les
plus nuisibles encore pratiquées.

## Une note sur le chat

La lutte biologique par les chats et les chiens ratiers est la plus vieille méthode
documentée, et elle a nourri une profession urbaine entière jusqu'au XIXᵉ siècle.

Sa limite était déjà connue des contemporains. En 1668, La Fontaine met en scène
dans *Le Conseil tenu par les rats* un chat nommé **Rodilard**, dont les rats
redoutent tant les passages qu'ils tiennent conseil pour lui attacher une sonnette
au cou — et ne trouvent personne pour le faire. La morale, qui porte sur l'écart
entre délibérer et agir, dit aussi quelque chose de technique : un prédateur réduit
la pression, il ne règle pas l'installation.

C'est resté vrai. Un chat limite les incursions de souris. Il n'a jamais mis fin à
une colonie de rats bruns installée dans un réseau.

## Questions fréquentes

### Les remèdes de grand-mère fonctionnent-ils contre les punaises de lit ?

Non, aucun. Ni les huiles essentielles, ni la lavande, ni le talc, ni le bicarbonate n'ont d'effet démontré sur une infestation installée. Le temps perdu à les essayer laisse la population se multiplier.

### Et la terre de diatomée ?

C'est la seule méthode ancienne encore réellement employée, parce qu'elle agit mécaniquement en abrasant la cuticule des insectes. Elle est lente, sensible à l'humidité, et ne constitue qu'un appoint.

### Pourquoi le DDT n'est-il plus utilisé ?

Pour sa persistance dans l'environnement, son accumulation dans les chaînes alimentaires et ses effets sur la faune. Il a été interdit en France en 1972. Les punaises de lit y étaient en outre devenues largement résistantes.

### Les chats servaient-ils vraiment à quelque chose ?

Contre les souris, oui, en limitant les incursions. Contre une population installée de rats bruns, non : la littérature du XVIIᵉ siècle le disait déjà, et c'est encore vrai aujourd'hui.

## Sources

- Fables, livre II — Le Conseil tenu par les rats — Jean de La Fontaine, 1668 (domaine public)
- Produits phytopharmaceutiques et biocides — substances interdites — Anses — https://www.anses.fr/
- Réglementation des produits biocides — Ministère de la Transition écologique — https://www.ecologie.gouv.fr/

## Citer cette fiche

Rodilard Nuisibles, « Méthodes anciennes », Le Dictionnaire des nuisibles, mis à jour le 3 octobre 2026, https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/traitements/methodes-anciennes/
