# La blatte germanique

*Blattella germanica* — Ectobiidae

> La blatte germanique est le cafard d'intérieur le plus répandu : 12 à 15 mm, brun clair, deux bandes sombres sur le dos. Elle vit dans les cuisines et les salles de bains chauffées, se reproduit très vite et porte ses œufs jusqu'à l'éclosion. Le traitement de référence est le gel appât ; les sprays la dispersent et aggravent l'infestation.

- Type : Fiche espèce
- Public : tous
- Autres noms : cafard de cuisine, cafard blond, petit cafard
- Mise à jour : 2026-10-03
- Source canonique : https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/blatte-germanique/
- Licence : CC-BY-4.0 — https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr

## Repères chiffrés

- **12 à 15 mm** — Taille d'un adulte
- **30 à 40 œufs** — Par oothèque, portée par la femelle jusqu'à l'éclosion
- **3 à 4 mois** — Durée du cycle complet, œuf à adulte reproducteur
- **80 %** — Part de la population cachée hors de vue à un instant donné

## Chez un particulier

Voir un cafard en journée signifie que la population est déjà dense : ils sortent quand les cachettes sont saturées. En immeuble, prévenez le syndic rapidement — une infestation d'appartement isolée est rare.

## En établissement

En cuisine professionnelle, la blatte germanique se loge dans les moteurs chauds, les rails de chambre froide et les gaines techniques. Le traitement sans démontage des équipements ne donne jamais de résultat durable.

## Contenu

## Reconnaître l'espèce

Adulte de 12 à 15 mm, brun clair à ocre, avec **deux bandes longitudinales
sombres** sur le pronotum — la plaque juste derrière la tête. C'est le repère le
plus fiable. Les ailes couvrent l'abdomen, mais l'espèce ne vole pratiquement pas :
elle court, très vite.

Les juvéniles sont plus sombres, presque noirs, sans ailes, avec la même paire de
bandes. On les trouve en grappes près des sources de chaleur et d'humidité.

L'**oothèque** est une capsule brune de 7 à 9 mm contenant 30 à 40 œufs. La femelle
la porte accrochée à l'abdomen jusqu'à l'éclosion, ou presque : c'est une
différence majeure avec la blatte orientale, qui dépose la sienne. Conséquence
pratique : un traitement qui ne tue que les adultes visibles laisse intacte la
génération suivante déjà formée.

## Où elle se cache

Chaleur, humidité, obscurité, interstice étroit. La blatte germanique est
thigmotactique : elle a besoin de sentir une surface au-dessus et en dessous d'elle.

- Derrière et sous le réfrigérateur, au niveau du moteur et de la grille arrière.
- Dans le lave-vaisselle, le four, la hotte, les rails de tiroir.
- Sous l'évier, autour des arrivées d'eau et du siphon.
- Dans les charnières de meubles, les perçages de montage, les joints de plinthe.
- Dans les cartons d'emballage et les piles de sacs.

Un contrôle qui se limite au sol et aux plans de travail ne trouve rien. L'essentiel
de la population est à l'intérieur des équipements.

## Pourquoi les bombes et fumigènes aggravent le problème

Un aérosol crée une pression chimique dans le volume de la pièce, mais ne pénètre
pas les refuges où se trouve la majorité de la colonie. L'effet observé est une
**dispersion** : les individus fuient vers les gaines techniques, les cloisons et
les logements mitoyens. Un appartement traité à la bombe devient souvent une
infestation d'immeuble.

S'ajoute la **résistance** aux pyréthrinoïdes, bien documentée chez cette espèce.
Le produit grand public perd une grande partie de son efficacité sur les
populations sélectionnées par des traitements répétés.

## Ce qui fonctionne

Le **gel appât** est la méthode de référence. Déposé en points de la taille d'une
tête d'allumette, aux endroits de passage et à l'intérieur des équipements, il est
consommé puis transmis dans la colonie par les déjections et le cannibalisme — les
juvéniles qui ne sortent jamais sont atteints sans avoir rencontré le produit.

Le protocole complet associe :

- un **démontage** des équipements pour poser le gel au bon endroit ;
- un **nettoyage dégraissant** préalable, parce que le gel ne tient pas sur une
  surface grasse et que les résidus alimentaires lui font concurrence ;
- la **suppression de l'eau libre** : siphons, fuites, éponges humides ;
- un **contrôle à trois ou quatre semaines**, avec repose de gel aux points
  consommés ;
- des **pièges de monitoring** collants pour mesurer objectivement la baisse, au
  lieu de se fier à l'impression.

En immeuble, le traitement doit être simultané sur les lots touchés et la colonne
technique. C'est le seul moyen d'éviter le va-et-vient entre appartements.

## Questions fréquentes

### Pourquoi j'en vois le jour ?

Parce que la population dépasse la capacité des cachettes. Les individus dominés sont contraints de sortir aux heures où ils devraient être abrités. C'est le signe d'une infestation installée, pas d'un cas isolé.

### Est-ce une question de propreté ?

Pas seulement. La propreté limite les ressources, mais une blatte arrive par les gaines, les cartons de livraison ou un appareil d'occasion. Des logements impeccables sont infestés tous les jours.

### Combien de temps pour s'en débarrasser ?

Comptez quatre à huit semaines avec un gel appât bien posé, et un second passage de contrôle. Les éclosions successives imposent d'attendre un cycle complet avant de conclure.

### Faut-il traiter tout l'immeuble ?

Dès que deux lots sont touchés, oui. Traiter un seul appartement pendant que la colonie persiste dans la colonne de gaines revient à payer un traitement qui sera annulé par la recolonisation.

## Sources

- Blattes et cafards : prévention et lutte en habitat — Anses — https://www.anses.fr/

## Citer cette fiche

Rodilard Nuisibles, « Blatte germanique », Le Dictionnaire des nuisibles, mis à jour le 3 octobre 2026, https://rodilard-deratisation.com/dictionnaire/especes/blatte-germanique/
